Je suis ravie de boire une tasse de cette eau qui dévore les bâtiments.
Quel plaisir de sentir le sable chaud dans la bouillotte au fond de mon lit glacé.
J’aime m’engourdir dans la sensation que mes pieds s’enfoncent.
Je m’irrite d’entendre soudain le ruissellement de l’eau sur mes doigts d’enfant collés sur la casserole trop chaude.
Je n’aime pas regarder les flammes qui coulent entre mes doigts écartés.
J’aime sentir mes épaules quand je tombe sur les genoux.
Je n’aime pas me pencher sur les ponts qui enjambent la rivière près de l’arbre qui protégeait mes rêves d’enfance.
Je savoure les flammes que je soulève à la recherche des champignons.
J’adore les traces de boue de ces montagnes liquides qui engloutissent tout.
Je déteste poser mes pieds lors d’une promenade en foret.
Je reste pétrifiée par l’odeur des feuilles mortes quand je nage dans l’eau glacée.
Je n’aime pas la brûlure de la boue visqueuse qui fond dans l’eau chaude de mon bain parfumé. Sur mon carrelage fraîchement lavé je reste terrifiée, adorant l’impuissance qui me saisit devant la danse de la cheminée.
Sur la belle planète bleue j’aime les petits ruisseaux de mon enfance qui explosent sans précaution sur le chemin des réjouissances.
Je déteste l’eau de pluie glacée qui s’élève de la cheminée du salon.
J’aime le terreau fertile qui chante sous les détonations.
J’aime l’eau tranquille qui colle les flammes.
J’aime les flambeaux dans la nuit qui permettent de voir couler l’eau du robinet.
Rêver le soleil, vous réjouirez cette soirée d’hiver.
Buches crépitantes se suivent au moment du rempotage.
Je n’aime pas souvent le feu des fleurs de mon jardin.
J’aime souffler avec le Petit Prince dans mon dos.
J’aime le soleil qui s’ensevelit doucement à l’orée de la nuit.
Le ciel qui s’embrase donne vie aux cascades joyeuses.
J’aime les parfums de l’eau par grande chaleur, les habitations pour leur fraîcheur, et les arbres en fleurs qui ombragent le plan d’eau.
J’aime la terre, mais pas l’océan dépaysé par toutes sortes d’inventions qui corrompent sa pureté.
J’adore l’eau qui se propage dans une cheminée de campagne pour y méditer.
J’adore la terre en colère.
J’adore le feu et ses ruines arides.
J’aime pas la terre qui dévaste tout sur son passage.
Je déteste la terre parce que c’est la vie qui meurt.
J’aime l’eau de pluie sur une marmite.
J’aime sentir la joie de la terre à la fin d’une journée entre amis.
J’aime le bruit de l’eau charriée par les inondations.
J’aime pas regarder l’eau dans les collines Corse.
J’aime pas observer le feu sous mes pieds l’été.
J’aime me brûler les mains après l’averse.
Je déteste les feux de camp qui ruissellent sur les vitres en été.
Je déteste l’odeur qui monte de la terre quand elle est battue par le vent.
Je n’aime pas sentir l’eau brûlante du thé quand elle me colle aux basques.
J’adore les feux d’été dans la cheminée.
Je déteste la boue immonde qui coule dans les rivières creusoises.
J’aime l’eau d’une peau qui brûle.
J’aime l’ocre fine qui met le feu à l’horizon.
J’aime les gouttelettes d’argent qui engloutissent les montagnes.
Je n’aime pas l’eau du volcan.
Je n’aime pas les flammes des terres du Roussillon.
J’adore l’odeur et ses continents.
J’adore la terre dans une étendue huileuse.
Je déteste le soleil et les gazouillis d’une cascade nichée dans le granit.
Je déteste la terre suintante des murs.
Je n’aime pas l’eau et ses clapotis quand elle dégueule ses éboulis de terre, et je déteste les flammes du feu qui dansent dans la cheminée en glissant généreusement sur tout ce qu’elles caressent.
J’aime l’eau courante, l’avoir aux fesses ne me réchauffe pas en ce mai pluvieux.
J’aime la terre purificatrice de tant de sorciers et de saints.
J’aime l’eau bénite, elle engraisse les vers qui ne serviront à aucune pêche miraculeuse.
Je n’aime pas l’eau plate, des problèmes de diététique vont surgir.
Je n’aime pas le feu de Saint Antoine, mais il faut bien adorer les devinettes.
J’adore la pluie quand la neige prend sa pelisse d’hiver.
J’adore la terre grasse, elle peut faire des claquettes.
Je déteste le feu des bûchers servi dans une assiette plate.
Je déteste la terre toute nue car ce qui est courant et commun manque d’originalité.
Je déteste le feu nourri des coassements des grenouilles qui gagnent à ingérer la terre des cimetières.
J’aime l’eau du robinet qui a brûlé tant de sagesse et tué l’espoir d’une vie plus juste.
J’aime la chaleur accablante de mon corps alangui qui m’entraîne en son ventre, m’agrippe, m’aspire et m’avale.
Je n’aime pas trop la pluie car je déteste les extrêmes.
J’adore m’ouvrir à la vie et avoir des souliers sortis du fond des marais oubliés de mon histoire.
Je déteste me rappeler que sous mes pieds ça sent le chlore.
J’aime l’argile douce et fluide, molle et onctueuse, j’aime la folle coulée de sa fuite lorsqu’elle s’élève, ou se rassemble, se colle, se gonfle, augmente, se réduit, rajoute, soustrait.
J’aime ce bruissement, tous les murmures de la Rozeille, au creux des ponts, à la croisée des filets d’eau.
J’aime le hochement de tête du forgeron quand il disait bonjour papa disait qu’il faisait l’âne.
J’aime pas l’enchevêtrement d’objets abandonnés, roues, vélos, bassines, non loin de la rivière, sur la route d’un village du plateau de Millevaches.
J’aime pas l’orage lorsqu’il s’élève des métaux.
J’adore me baigner et nager quand tu fais un feu de cheminée.
J’aime les eaux noires et profondes sous la pluie sans espoir de reprise.
J’aime les terres grasses et argileuses, l’odeur caramélisée des terres cuites et enfumées ;
Je n’aime pas regarder les empreintes rousses et noires que l’on mange comme du touron.
J’adore le feu qui s’éteint dans les forêts de landes humides.
J’adore la terre qui colle le froid à la peau.
Je déteste fondre mon regard dans les eaux.
Je déteste les fumées qui s’échappent de la terre au matin où disparait tout ce que je supporte dans ma tête.
J’adore la terre pleine de cailloux, paysages calcinés de maisons abandonnées.
Je n’aime pas l’eau des vêtements humides de la plante des pieds aux draps trop froids.
Je déteste le feu qui fait fondre les pluies chaudes de juillet après l’orage.
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