Les textes écrits en ateliers d'écriture à Guéret et Aubusson

A CHACUN SA RECETTE DU VERITABLE CREUSOIS

Pour faire un bon creusois choisir 3 onces d'une belle terre de Haute ou Basse Marche sinon de Combraille. Un litre de l'eau où la petite Creuse rencontre la grande. Pour les yeux, y mettre le ciel qui surplombe les bruyères. Insuffler à la bouche le vent d'automne et d'avril. Remplir la tête avec la brume du matin, le chant des oiseaux, la chaleur des animaux et l'odeur de la châtaigne grillée.

Prendre un bloc de granit, une petite propriété d'une dizaine d'hectares, un bâton de pèlerin, une vie de hameau, l'école laïque, les idées sociales, un corps d'homme ou de femme âgé à l'esprit alerte.

Prendre de la bonne terre grasse la mélanger au courant au confluent des deux Creuses. Le faire naitre au début du vingtième siècle, lui donner des grands-parents qui partaient 6 mois de l'année comme maçon à Paris. Le vrai Creusois aura fait ses courses au Caïfa, le marchand ambulant, il sera allé au cinéma Continental s'il habite le pays de Guéret. Les couples se seront rencontrés au bal, sur un parquet du côté de Sainte Feyre. La mère de notre Creusois sera morte très jeune, autour de 45 ans. Il aura connu les cafés où, après la messe, les hommes parlaient de la guerre de 14. Il aura vécu une vie simple et honnête. Il sera enterré sous une verrière.

D'abord, il faut prendre un peu de farine de châtaigne. Quelques pelletées de terres arables mélangées à un bloc de granit. Vous y ajoutez des pommes de terre et le fameux pâté du même nom. Maçon dans l'âme, voir bâtisseur, mais pas très grand de traille pour résister aux assauts du vent, le corps suffisamment épais pour affronter la froidure. Délayer le tout dans le même creuset, à l'abri des grandes invasions et ceci pendant plusieurs générations et vous obtenez le Creusois pur souche.

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