Les textes écrits en ateliers d'écriture à Guéret et Aubusson

EXERCICES DE STYLE JOUÉS AUX DÉS

« Creuse la terre à mains nues, » dit le tortionnaire blafard et botté. Les yeux exorbités l’homme couvert de sueur, dégoulinant d’eau, crie silencieusement, ses mâchoires édentées, ses gencives noires, il appelle la mort, l’enfer, le feu.

Devant lui la terre brûlante, au loin le feu du soleil, dans ses rêves une gourde pleine de whisky. La tête sur le sol, ses yeux se lèvent sur une main tendant un verre d’eau. Il ne se creuse plus l’esprit, il est devenu fou.

Le zombie, les orbites creuses, avançait d’un pas saccadé dans la forêt peuplée d’appels lugubres. Ses longs cheveux ruisselaient d’eau. Il semblait brûler d’un feu intérieur. Soudain le sol se mit à trembler et s’entrouvrit dans un fracas pathétique. Bobby poussa un râle et sa main tendue disparut sous terre.

Je me suis endormi, le bras derrière ma tête dans l’eau de mon bain. Je me réveille mais ne sens plus ma main. L’eau creuse mon ventre, la fonte de la baignoire et bientôt l’on voit la terre. Quand le feu des enfers apparaîtra, l’eau n’y pourra rien.

Je me souviens que je m’étais endormi, le bras derrière ma tête, dans l’eau de mon bain. Je me suis réveillé mais je ne sentais plus ma main. J’ai découvert mon corps troué. L’eau avait creusé ma peau, mon ventre, la fonte, et bientôt l’on voyait la terre. Je pouvais presque sentir le feu des enfers sous moi et l’eau n’y pourra rien.

Je me trouvais dans cette maison où j’ai passé mon enfance et où je retourne parfois, en Creuse, et une nuit, alors que je buvais un verre d’eau, je jetais un œil par la fenêtre de la cuisine. Derrière moi le feu crépitait, mais je frissonnais en apercevant une créature famélique à l’orée du bois. Elle était après un jeune garçon qui courait en hurlant. Tout à coup, alors que je croyais encore à un rêve, le jeune homme, en lequel je reconnus Bobby le fils d’un voisin, fut englouti dans la terre. Alors la créature se tourna vers moi, et, avant de disparaître dans la forêt, me fit un petit signe de la main.

Ma main en tremble encore. Je ressens, comme si j’y étais toujours, le poids de la terre sur mes os. Heureusement que sur moi j’ai toujours un briquet, ce qui m’a permis d’allumer ce feu, petit phare illusoire mais sans lequel… J’en aurais pleuré, tiens ! Je suais de trouille, je faisais eau de toute part, et cependant contre toute attente, elle est arrivée, a saisi une pelle et elle creuse, elle creuse, et elle m’en sort, de mon trou.

Il était une fois une fée qui habitait dans la Creuse. C’était la fée de l’eau. Il y avait aussi la fée du feu qui habitait en Israël et la fée de la terre qui habitait en Australie. Mais je vais vous parler plutôt de la fée de l’eau dont les mains avaient la couleur de l’eau.

J’ai peur, j’ai peur, fallait pas nous emmener ici, connard, ma mère va me griller au feu. Fallait rester dans la Creuse. Et il y a aussi des loups-garous qui vont nous bouffer. Mes mains vont pourrir, je vais me faire torturer. Je préfère rester à terre qu’au ciel. Où elles sont les chiottes que je me mette de l’eau sur la tête.

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