Je rêve que je traverse la Creuse dans le brouillard. Je tombe en panne dans la forêt de Chabrières. Les loups entourent la voiture. Au petit déjeuner je trouve un petit pot de beurre sur la table.
Je rêve que je suis en Creuse et que ma femme tient un poinçon. Je manque de relief.
Je rêve que je marche dans les monts de Guéret. Je regarde mon estomac : il est vide. Ça Creuse, la marche.
Je rêve que je suis une myrtille. Un homme jeune me déguste en confiture. Je me réveille, seule, c’est la déconfiture.
Je rêve qu'on m'enterre. Je suis du bois dont on fait les cercueils m'explique ma femme en m'enlaçant. Nous moisissons ensemble.
Je rêve que je rêve. Je me réveille. J’avais dormi debout.
Je rêve que je me retrouve à
Je rêve que je fais la planche sur la Creuse. Je passe sous le pont de la Celle Dunoise. « Tiens j'ai été raboté, » me dis-je en coulant peu à peu.
Je rêve que je noie mon chat dans la Creuse. Il a la tête de Marcel Jouhandeau. « Il n’a jamais été très propre, » me dit ma femme.
Je rêve que je monte dans un train pour je ne sais où. Je redescends nulle part. Je suis en Creuse.
Je rêve que j'ai le feu au derrière. Quelqu'un me pince les fesses. Je pars en fumée.
Je rêve tout éveillé que j’ai rêvé cette nuit que je volais, et je m’envole.
Je rêve que le vent m’emporte et je retourne au plumard.
Je rêve que je pars en colonies de vacances en Creuse. Je chante « Frère Jacques » devant un feu de camp où on brûle Jeanne d’Arc. Je me réveille en sursaut : ma femme ronfle.
Je rêve que je suis mort. J’éteins la lumière, je me couche et m’endors pour longtemps.
J’ai rêvé du grand feu dans la cheminée. Une étincelle est sortie, a grandi à
J’ai rêvé d’un doigt trop long pour ma petite main. Je l’ai oublié sur le chemin. Il est revenu ce matin pour noircir le parchemin.
Je rêve à une pluie rouge. Ma sœur est arrivée hier soir. Il fera nuit noire.
Je rêve que je monte que sommet de la statue de la Liberté avec des amis. L’escalier est inaccessible, nous ne pouvons nous rejoindre. Je me dis : ben voilà, c’est comme dans la vie, nos chemins divergent.
J’ai rêvé que l’étang déborde. Il y a des seaux partout. J’ai perdu mon nœud papillon, raté ma correspondance pour l’Afrique. Les papillons sont plus grands.
Je rêve que le ferry part sans moi. Un énorme trousseau de clés déborde de ma poche. Il y a un champ de nougats sur la mer.
Je rêve que j’ouvre une armoire dans une pièce claire. J’y retrouve des carnets. La bouilloire ronfle. Le chien rêve tout haut.
Je rêve que le garçon du café maure se tient au bord de la falaise. Quelque part dans le brouillard une chute d’eau. Le voisin frappe au plafond.
Je rêve que je frappe chez le fermier. La pièce éclate de lumière. Il y a des dragons partout. Ma mère apporte une lettre.
Je rêve que je peux m’envoler comme un goéland et flotter dans le vent au-dessus des terres et des eaux. Mon chat saute sur mon lit comme chaque matin. J’ai la frousse pour la journée.
Je rêve que je traverse les feux de joie de la Saint-Jean sans me brûler à
Je rêve qu’on me coupe la main droite. « Je suis élue » me dit ma femme en me tendant une urne transparente remplie de moignons de main droite. Je suis rassurée de garder ma main gauche : il n’y aura pas de deuxième tour.
Je rêve que l’eau envahit mon appartement. Je vois passer mon chat flottant sur sa caisse. Je la renverse pour changer la litière. Il se noie. « Ce chat n’a jamais été propre, » me dit ma femme. Elle coule à son tour.
Je rêve que la terre est transparente. Je regarde sous les robes des Néo-Zélandaises. La France est battue par les All Blacks.
Je rêve que je suis un vers de terre, une taupe m'avale. Je me réveille en tas.
Je rêve que je suis Ophélie. Je dérive au fil de la Creuse. J'ouvre les yeux : je suis à la Celle Dunoise.
Je rêve que je suis une salamandre qu'on jette au feu. Mon pyjamas est noir et jaune. J'ai trop chaud dedans.
Je rêve que je joue du piano à quatre mains. Mes doigts se prennent les uns dans les autres. La douleur me réveille. J'avais oublié un C.D. sur ma chaine : les sœurs LABECQUE.
Je rêve que je flambe au casino. Je perd la main et me retrouve avec une poignée de jetons.
Je rêve que je bêche dans le jardin public. Puis je sème des cendres. Une tombe se met à pousser.
Je rêve que je suis dans l'eau. Je regarde ma montre poisson. La grande arête indique la demi. Je suis en retard.
Je rêve que je joue avec le feu de Bengale. Je m'enflamme. J'en ai l'eau à la bouche.
Je rêve que la caisse de mon chat est remplie d'eau, je plonge. Ma femme me ramasse du bout des doigts et me jette à la poubelle. « Pauvre merde, » dit-elle en refermant le couvercle.
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